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[liste ra-l] "Extrême"? Identités partisanes et stigmatisation des gauches en Europe (XVIIIe-XXe siècle)

From: Recherches sur l'anarchisme <nicola7457-AT-wanadoo.fr>
Date: 09 Jan 2010 12:48:20 UTC   (01:48:20 PM in author's locale)
To: RA-LFR <ra-lfr-AT-univ-montp3.fr>
De Ronald Creagh : ronald.creagh-at-wanadoo.fr

Projet de colloque du GHRis-Université de Rouen
Responsables : Michel Biard, Paul Pasteur, Pascal Dupuy
Date envisagée : printemps 2011
* *
* *
* *
*« Extrême » ? *
*Identités partisanes et stigmatisation des gauches en Europe (XVIII^e
-XX^e siècle)** *
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* *
Dans les grands dictionnaires qui entendent fixer les subtilités de la
langue française à la fin du XVII^e siècle, « extrême » possède
plusieurs sens, dont deux retiendront notre attention. Tout d’abord, le
/Dictionnaire/ de Furetière (1690) note : « Ce qui est le dernier en
quelque chose, ce qui la finit, qui la termine. On ne saurait aller d’un
extrême à l’autre sans passer par le milieu ». Dans quelque espace que
ce soit, ou à terme sur un échiquier politique, la notion d’« extrême »
apparaît donc indissolublement liée à celle de « milieu », ce centre
étant perçu comme fondamental de par sa position même entre les «
extrêmes ». Mais, ajoute Furetière, « extrême signifie aussi violent au
dernier point ». L’idée de « violence » est ainsi également liée au mot
dès l’origine. De son côté, dès sa première édition (1694), le
/Dictionnaire de l’Académie/ propose : « Il signifie aussi excessif, et
se dit d’un homme qui ne garde aucune mesure, qui donne toujours dans
l’excès ». La sixième édition (1832-1835) ajoute : « Parti extrême,
parti violent et hasardeux. Prendre un parti extrême. Il n’aime pas les
partis extrêmes ». Le mot « parti » désigne ici bien sûr un choix, une
voie suivie, et non un groupe politique, toutefois il suffit alors de
lui donner un autre sens ou/et d’ajouter un suffixe pour que la
définition devienne ouvertement politique : « Extrémiste. Celui, celle
qui est partisan des idées et des résolutions extrêmes. Il s’emploie
surtout dans /la langue politique/. Le parti des extrémistes. Le groupe
extrémiste » (/Dictionnaire de l’Académie/, huitième édition,
1932-1935). Quant à lui, le /Larousse universel/introduit, en 1922, la
notion d’« extrémiste » que le /Robert/ à la fin du XX^e siècle résume
de la façon suivante : « Partisan d’une doctrine poussée jusqu’à ses
limites, ses conséquences extrêmes ».
L’ensemble de ces définitions d’évidence interroge par leur flou et plus
encore par la stigmatisation qu’elles impliquent.
Le présent projet de colloque entend proposer des pistes de réflexion
sur ces définitions et les réalités qu’elles sous-tendent, du XVIII^e
siècle à la fin du XX^e siècle en Europe. Il va de soi qu’il ne s’agira
en rien de proposer une histoire de tous les mouvements qui ont pu être
considérés ou se considérer comme situés à l’« extrême » des mouvances
et partis de gauche, à un moment ou à un autre, dans un pays ou un
autre, ni de risquer une sorte de « liste » de ces mouvements.
Cinq thèmes prioritaires pourront faire l’objet d’une proposition de
communication. Ces dernières sont à envoyées avant le 15 janvier 2010 à
MB/PP et seront soumises à l’examen du comité scientifique du colloque :
** Mots, concepts, usages *
Quel est le vocabulaire précis employé ? Comment varie-t-il d’un pays à
l’autre, d’une langue à une autre (par exemple le mot « radical ») ?
Comment évolue-t-il au fil du temps (ainsi le mot « enragé ») ? Les mots
sont-ils là pour stigmatiser ? Se définit-on soi-même ainsi et
existe-t-il même une fierté à se présenter comme tel ? La rhétorique
suit-elle des modèles ? Par opposition à quel autre vocabulaire ces mots
se définissent-ils (« modérés », « honnêtes gens », « centristes », «
sages », « réformistes » etc.) ?
** Les « groupes » ou « mouvances » perçus à un moment ou un autre, de
façon épisodique ou pérenne, comme partie prenante des « extrêmes » à
gauche de l’échiquier politique *
Sont-ils considérés comme tels dès leur naissance ou est-ce le fruit
d’un processus de radicalisation ? Se définissent-ils eux-mêmes comme
tels ? Est-ce là le simple produit d’une stigmatisation ? Existe-t-il
des phénomènes de réappropriation de l’« injure » politique ? Quels «
déclassements » éventuels rendent possible un passage de la gauche à ses
marges « extrêmes » ?
** Les pratiques *
Sont-ce celles-ci qui justement aboutissent au qualificatif d’« extrême
» qui leur est attribué ? Quel est le rapport aux élections, au jeu
parlementaire ? à la violence, le cas échéant à la clandestinité, voire
à « l’acte terroriste » ? Comment est envisagée une participation au
pouvoir, ou la prise de celui-ci ? Ces pratiques sont-elles induites par
le programme ou le résultat de la marginalisation de ces « groupes » ou
« mouvances » ? Sont-elles simplement une mise en œuvre d’idées et de
prises de position politiques en elles-mêmes déjà « extrêmes » ?
** Les « représentations » de l’« extrême » *
Quelles sont les représentations et caricatures de l’« enragé » et de
l’« exagéré », voire du sans-culotte en général, pendant la Révolution
française ? de l’« anarchiste », du bolchevique sanguinaire au couteau
entre les dents ? On privilégiera ici l’iconographie, mais une place
peut être faite à des descriptions d’autres natures, littéraires par
exemple.
** Le(s) discours de rejet et d’amalgame des « extrêmes » à gauche et à
droite *
Quels sont les moments privilégiés où peuvent être saisis ce(s) discours
de rejet et d’amalgame, bien avant que des historiens et politologues ne
glosent sur ce rapprochement, considéré désormais comme une sorte de
vulgate ? Ainsi la France du Directoire connaît déjà un abrupt amalgame
entre « bonnets rouges » et « bonnets blancs », « anarchistes » et «
royalistes » ; de même sous la République de Weimar, l’amalgame est
permanent entre communistes et groupes d’« extrême-droite ».
*Planning : *
*Date printemps 2011, définition du programme printemps 2010, appel à
communic ation septembre 2009, date butoir 15 janvier 2010 *
Rédaction d’un projet écrit par Michel et Paul, puis amendements
éventuels par Pascal.
Soumission à Elisabeth Lalou et au GRHis.
Après acceptation, prise de contact avec l’ERIAC, et le cas échéant avec
l’Université de Dijon.
Formation d’un comité scientifique.
Appel à communication diffusé par les AHRF (+ site), l’AHMUF, Calenda,
H-France.
Examen des propositions reçues et établissement du programme (sur deux
jours).
Dossiers de financement et aspects pratiques.
Dr David Berry,
Senior Lecturer,
Department of Politics, History & International Relations,
Loughborough University,
LE113TU GB
+44(0)1509-222988
University & College Union, Loughborough University
Branch:
www.lboro.ac.uk/orgs/laut/index.html
Association des Amis de Daniel Guérin:
www.danielguerin.info/tiki-index.php
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